Aménagement ab initio - article 723-15 CPP

Aménagement avant incarcération : conditions et procédure

Si votre proche a été condamné à de la prison ferme mais n'est pas encore incarcéré, un aménagement de peine peut être accordé avant même qu'il mette les pieds en cellule. C'est la loi qui le prévoit.

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Tout savoir sur l'aménagement avant incarcération

Qu'est-ce que l'aménagement ab initio ?

L'aménagement ab initio (du latin « depuis le début ») est un dispositif prévu par les articles 723-15 à 723-18 du code de procédure pénale qui permet d'exécuter une peine de prison ferme sous une forme aménagée, sans passer par la case prison. Concrètement, votre proche ne sera pas incarcéré : il exécutera sa peine sous bracelet électronique, en semi-liberté, en placement extérieur, ou sous une autre modalité décidée par le juge. C'est une disposition majeure, souvent méconnue des familles, qui peut éviter les conséquences dévastatrices d'une incarcération - perte d'emploi, éclatement familial, rupture du logement.

Le principe est simple : lorsque la peine prononcée est suffisamment courte, la loi considère que l'incarcération n'est pas nécessairement la meilleure réponse pénale. L'aménagement ab initio n'est pas une remise de peine ni un pardon : votre proche exécute bien sa condamnation, mais dans des conditions qui lui permettent de maintenir ses attaches professionnelles et familiales. C'est un droit, pas une exception, et les tribunaux sont tenus par la loi de l'envisager systématiquement pour les peines concernées.

Qui peut en bénéficier ?

Depuis la loi du 23 mars 2019, l'aménagement ab initio concerne toutes les peines d'emprisonnement d'un an ou moins, sans distinction entre primo-délinquant et récidiviste. Ce seuil unique a simplifié considérablement le système antérieur, qui prévoyait des durées différentes selon le profil du condamné. Aujourd'hui, la règle est claire : si la peine prononcée ne dépasse pas un an de prison ferme, votre proche peut bénéficier d'un aménagement avant même d'être incarcéré.

La loi va plus loin en distinguant deux situations selon la durée de la peine. Pour les peines de 6 mois ou moins, l'aménagement est obligatoire : le tribunal doit ordonner une mesure d'aménagement, sauf s'il motive spécialement l'impossibilité de le faire. Pour les peines de 6 mois à 1 an, le tribunal doit envisager l'aménagement si la personnalité et la situation du condamné le permettent. En d'autres termes, pour les courtes peines, l'incarcération est devenue l'exception et non la règle. Le juge qui refuse un aménagement doit expliquer pourquoi dans sa décision, ce qui offre un levier important en cas d'appel.

Le juge est-il obligé d'aménager la peine ?

La réponse dépend de la durée de la peine. Pour les peines de 6 mois ou moins, l'aménagement est obligatoire sauf impossibilité motivée par le juge. Cela signifie que le tribunal doit, dans sa décision, expliquer précisément pourquoi un aménagement ne peut pas être accordé - par exemple en raison de l'absence totale de garanties de représentation, d'un risque avéré de fuite, ou de la dangerosité particulière du condamné. Un simple refus sans motivation détaillée est irrégulier et peut être contesté en appel.

Pour les peines de 6 mois à 1 an, l'obligation est moindre mais reste significative : le juge doit envisager l'aménagement et, s'il le refuse, rendre une décision spécialement motivée expliquant en quoi la personnalité ou la situation du condamné rend l'aménagement impossible ou inadapté. En pratique, les juges accordent très majoritairement l'aménagement ab initio lorsque le condamné présente un projet crédible - emploi, logement stable, absence d'antécédents lourds. Le refus reste l'exception, mais il existe, notamment lorsque le dossier est vide de tout élément de réinsertion ou que la personne n'a pas répondu aux convocations du SPIP.

Quels sont les délais ?

C'est un point crucial et souvent source d'angoisse pour les familles. Depuis le 30 septembre 2024, les délais de convocation ont été considérablement raccourcis par voie réglementaire. Le JAP doit convoquer votre proche dans un délai de 20 jours à compter de la transmission du dossier par le parquet. Le SPIP doit le convoquer dans un délai de 30 jours pour évaluer sa situation et préparer le rapport destiné au juge. Ces délais sont courts et ne laissent que très peu de temps pour préparer un dossier solide.

C'est pourquoi il est absolument essentiel de commencer à préparer le dossier dès le prononcé de la condamnation, sans attendre la convocation. Chaque jour compte : rassembler les justificatifs d'emploi, préparer les attestations d'hébergement, réunir les preuves de liens familiaux, anticiper les questions du SPIP. Un dossier complet et prêt au moment de la convocation multiplie les chances d'obtenir un aménagement favorable. À l'inverse, se présenter sans préparation devant le JAP ou le SPIP revient souvent à laisser passer la seule fenêtre de tir disponible. Avec Aménage Ta Peine, vous pouvez constituer le dossier immédiatement après la condamnation, avant même de recevoir la convocation.

Quels types d'aménagement possibles ?

Le juge de l'application des peines dispose d'un éventail de mesures qu'il peut accorder en fonction du profil de votre proche et de la nature de son projet de réinsertion. La mesure la plus fréquemment accordée est le bracelet électronique (détention à domicile sous surveillance électronique, ou DDSE) : votre proche reste chez lui et porte un dispositif de localisation, avec des horaires de sortie autorisés pour le travail ou les obligations familiales. C'est la solution privilégiée lorsque le condamné dispose d'un logement stable.

Les autres modalités sont les suivantes :
  • La semi-liberté, qui permet de sortir la journée pour travailler et de réintégrer un centre pénitentiaire le soir - adaptée lorsque le condamné n'a pas de logement fixe mais dispose d'un emploi
  • Le placement extérieur, qui consiste à exécuter la peine dans une structure d'accueil (association, centre d'hébergement) sous contrôle judiciaire
  • La conversion en travail d'intérêt général (TIG), possible pour les peines les plus courtes, qui remplace l'emprisonnement par des heures de travail non rémunéré au profit de la collectivité
  • Le fractionnement de peine, qui permet d'exécuter la peine par périodes discontinues pour préserver un emploi saisonnier ou une situation familiale particulière
Le choix de la mesure dépend du projet présenté. Un emploi stable est le critère le plus favorable, mais une formation sérieuse ou une situation familiale nécessitant la présence du condamné peuvent également justifier l'aménagement.

Si l'aménagement est refusé

En cas de refus, le juge fixe une date d'incarcération et votre proche reçoit une convocation à se présenter volontairement à l'établissement pénitentiaire désigné. Ce n'est pas une arrestation : la personne se rend d'elle-même à la prison à la date indiquée. Le non-respect de cette convocation constitue toutefois une infraction et peut entraîner un mandat d'arrêt.

Le refus n'est cependant pas définitif. Votre proche dispose d'un délai de 10 jours pour faire appel de la décision du JAP devant la chambre de l'application des peines de la cour d'appel. L'appel est suspensif dans certains cas, ce qui signifie que l'incarcération peut être reportée le temps que la juridiction d'appel statue. Par ailleurs, même si l'aménagement ab initio est refusé et que votre proche est incarcéré, il conserve la possibilité de déposer une nouvelle demande d'aménagement depuis la détention - bracelet électronique, semi-liberté, ou libération conditionnelle - dès que les conditions légales de ces mesures sont remplies. La situation n'est jamais irréversible, et un premier refus ne préjuge pas de l'issue d'une demande ultérieure mieux préparée.

Comment ça marche

De la première question à la requête au juge

01

Vérification d'éligibilité

En 4 minutes, vous savez si un aménagement est possible, lequel, et à quelle date. Gratuit et sans inscription.

02

Constitution du dossier

La checklist vous guide pièce par pièce. Chaque document est vérifié. Vous savez toujours où vous en êtes.

03

Génération de la requête

La requête au juge est rédigée automatiquement. Un PDF prêt à signer et à envoyer par recommandé.

La procédure pour obtenir un aménagement avant incarcération

Avec Aménage Ta Peine, chaque étape est guidée depuis votre espace en ligne.

01

Vérification d'éligibilité

Le simulateur vérifie si la peine est inférieure ou égale à 1 an et si votre proche est encore libre. Gratuit, 4 minutes.

02

Validation par un expert

Un spécialiste confirme et vous aide à préparer le projet AVANT la convocation.

03

Constitution du dossier

Préparez les pièces avant la convocation JAP (20 jours) : emploi, domicile, attestations.

04

Génération de la requête

Requête rédigée automatiquement avec références aux articles 723-15 CPP et 132-25 CP.

05

Audience JAP

Le juge examine le dossier et décide. Si le dossier est complet, la décision peut être rapide.

Questions fréquentes

Combien de temps avant d'aller en prison ?

Le JAP doit convoquer votre proche dans les 20 jours, le SPIP dans les 30 jours. Le dossier doit impérativement être prêt avant ces convocations pour maximiser les chances.

Un récidiviste peut-il en bénéficier ?

Oui. Le seuil d'un an s'applique à tout le monde depuis la réforme de 2019, sans distinction selon les antécédents judiciaires.

Mon proche a un emploi. C'est un avantage ?

C'est le critère le plus déterminant. Un emploi stable avec un contrat ou une promesse d'embauche constitue l'argument principal pour obtenir un bracelet ou une semi-liberté.

Et au-delà d'un an ?

L'aménagement ab initio n'est pas possible au-delà d'un an. Votre proche sera incarcéré, mais pourra déposer une demande d'aménagement depuis la détention dès que les seuils sont atteints.

Si refusé, c'est fini ?

Non. L'appel est possible dans un délai de 10 jours. Et une fois incarcéré, de nouvelles demandes d'aménagement peuvent être déposées dès que les conditions sont réunies.

Votre proche est peut-être éligible

La vérification est gratuite et prend 4 minutes.

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